Le Porrima regagne la mer après son échouement

Jeanne Lemaire · 3 août 2026 · 5 min read · 1086 words

Le 12 août 2022, le Porrima s’échoue sur une plage indienne. L’ancien PlanetSolar, conçu par Raphaël Domjan, est victime d’une panne sur l’un de ses deux moteurs électriques. Les conditions de mer sont difficiles. Le sauvetage sera long. Le navire, lui, vient de regagner la mer. Retour sur quatre ans de patience.

Porrima échoué en Inde : les circonstances de l’échouement

L’accident survient dans la nuit du 11 au 12 août 2022. Le Porrima longe la côte indienne quand l’un de ses moteurs lâche. Le vent force, la houle pousse le bateau vers le rivage. Les ancres ne suffisent pas. Le catamaran de 100 tonnes s’échoue sur le sable.

Pour Jean Luc Wilain, ami de Gunter Pauli et partenaire du Journal des Archipels, l’origine est nette. Une avarie électrique, aggravée par des conditions météorologiques instables. Aucun blessé, mais un équipage secoué. Gunter Pauli, initiateur du projet Porrima, suit les opérations à distance.

Une panne de moteur dans une mer difficile

Le Porrima possède deux moteurs électriques, alimentés par des panneaux solaires. Une panne réduit la manœuvrabilité. Dans la houle, la dérive devient inévitable. Le navire touche le fond à quelques mètres du rivage. Il faut agir vite.

La police indienne fait débarquer deux membres d’équipage après des tensions à bord. Une tentative pour reprendre la mer échoue. Les vagues s’écrasent sur la plage. Le Porrima reste prisonnier du sable pendant plusieurs semaines.

Comment dégager un navire de 100 tonnes ? La solution viendra du littoral et de ses habitants.

Le sauvetage du Porrima : remorquage et opération maritime

L’opération maritime commence fin octobre 2022. Des coussins de levage sont fixés aux flotteurs du catamaran. Ils se gonflent sous la coque et soulagent le poids du navire. Des remorqueurs tirent ensuite le bateau vers le large. Les pêcheurs locaux participent avec leurs embarcations.

Ce remorquage exige une coordination fine. Le Porrima pèse 100 tonnes. Il faut composer avec les marées et le vent. L’aide des pêcheurs indiens est décisive. Ils connaissent les bancs de sable et les courants. Le bateau est remis à flot.

Le rôle des pêcheurs indiens dans le sauvetage

Sans eux, l’opération aurait pu échouer. Les pêcheurs amènent des cordages, des ancres, des bateaux légers. Ils travaillent jour et nuit. Grâce à leur connaissance du littoral, les remorqueurs évitent les zones dangereuses. Le remorquage s’achève sans dégât.

Jean Luc Wilain souligne l'importance de cette solidarité. Le sauvetage du Porrima montre que la mer reste un espace de coopération. Les échanges entre l’équipage et les villageois ont joué un rôle clé.

Voici les acteurs du sauvetage :

La chronologie de l’échouement et du retour peut être résumée dans un tableau.

Date Événement Acteurs
12 août 2022 Échouement du Porrima sur une plage indienne Équipage, police locale
Septembre 2022 Tentative de remise à flot avortée Équipage, autorités portuaires
29 octobre 2022 Remorquage réussi au large Pêcheurs, remorqueurs, équipe technique
2023-2025 Réparations dans le chantier naval de Cochin Ingénieurs indiens, équipe Porrima
Printemps 2026 Porrima regagne la mer Nouvel équipage, scientifiques

Le remorquage n’a été que la première étape. Le navire devait encore être réparé. Il a fallu trois ans pour rendre le Porrima navigable.

Cette séquence d’images a été filmée par plusieurs témoins. Elle montre l’effort collectif autour du navire.

Porrima regagne la mer après une longue réhabilitation

Le Porrima a quitté le chantier naval au printemps 2026. Les réparations ont duré plus de trois ans. Les moteurs électriques ont été remplacés. Les flotteurs ont été renforcés. Le navire est plus léger, plus fiable. Ses essais en mer, près de Cochin, se sont bien déroulés.

La navigation de retour vers l’océan Indien s’est faite sans incident. Le bateau a longé la côte malabar, puis les îles Laquedives. À son bord, une équipe de scientifiques et de marins. L’ancien PlanetSolar a retrouvé son élément.

Une escale technique devenue une réhabilitation complète

Le chantier avait prévu une escale d'un an. Les dégâts de l’échouement ont changé la donne. La coque a été ouverte, les circuits électriques refaits de bout en bout. Des panneaux solaires plus performants ont été installés. Le Porrima est maintenant prêt pour de longues traversées.

Un bateau solaire ne se répare pas comme un navire ordinaire. Il faut des compétences rares. Les ingénieurs de Cochin ont travaillé avec les équipes de Gunter Pauli. Le résultat est là : le Porrima est redevenu un navire de recherche.

Cap sur de nouvelles expéditions scientifiques

Le Porrima ne reprend pas la mer par nostalgie. Il embarque un nouveau système d’écoute des baleines, développé par le docteur Jorge Reynolds. Ce dispositif enregistre les chants des cétacés dans l’océan Indien. L’objectif : documenter les migrations et les impacts du trafic maritime.

Plusieurs projets sont prévus. Le navire doit accueillir des chercheurs de Mumbai, de Maurice et de La Réunion. Une campagne de mesures océanographiques est envisagée aux Maldives. Le Porrima explore aussi de nouvelles routes vers les îles Chagos.

Un programme de recherche sur les cétacés

Le docteur Reynolds observe les baleines depuis cinquante ans. Il a organisé les concerts de chants du Pacifique à l’exposition de Hanovre en 2000. Son système repose sur des milliers d’écouteurs. Le Porrima, avec son silence électrique, est le navire idéal pour l’utiliser.

Voici les prochaines campagnes :

Un tel programme demande un long travail de préparation. Les équipes se forment encore. Les premiers résultats sont attendus pour 2027. Le Porrima, lui, est prêt. Il a regagné la mer. Cela suffit pour que l’aventure continue.