« Défense du patrimoine parisien : une pétition s’oppose au nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale »

« Défense du patrimoine parisien : une pétition s’oppose au nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale »

Le projet de nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale suscite une opposition croissante. Lancée en juin 2025 par l’association Sites & Monuments, la pétition « Non à l’enlaidissement de Paris » dépasse aujourd’hui les 113 000 signatures. Le Conseil de Paris a rendu un avis favorable au projet le 18 juillet, relançant la bataille autour de ce bâtiment de verre estimé à 52,8 millions d’euros.

Patrimoine parisien : un projet contesté face à la colonnade du Palais Bourbon

L’association Sites & Monuments, plus ancienne organisation nationale de défense du patrimoine, s’oppose fermement à la construction d'un grand bâtiment de verre de 4 000 mètres carrés. Ce pavillon jouxterait la célèbre colonnade de l’Assemblée nationale, face à la Seine et à la place de la Concorde.

Les défenseurs du monument historique dénoncent une atteinte à la composition architecturale caractérisée par sa pureté, sa minéralité et sa symétrie. La perspective entre les colonnades de l’Assemblée nationale et l’église de la Madeleine serait irrémédiablement altérée.

Le pavillon de l'Assemblée nationale : les dates clés
  1. Début des années 2000

    Les couloirs du Palais Bourbon sont jugés trop étroits pour les visiteurs et les journalistes.

  2. Juillet 2023

    Le collège des questeurs lance un concours d'architecture.

  3. 2024

    Le projet de Moatti-Rivière est retenu puis validé à l'unanimité.

  4. Juin 2025

    Le permis de construire est déposé. La pétition de Sites & Monuments démarre.

  5. 18 juillet 2025

    Le Conseil de Paris rend un avis favorable au projet.

  6. Février 2026

    Les travaux sont suspendus face aux critiques.

Une pétition qui mobilise contre l’urbanisme du site

La protestation s’appuie sur plusieurs arguments patrimoniaux. Sites & Monuments estime que le projet contrevient aux prescriptions du Site patrimonial remarquable du 7e arrondissement de Paris, notamment en raison de sa hauteur et d’empiètements sur un espace vert protégé.

Le paysage des Rives de la Seine, classé à l’Unesco, serait également dégradé. La Commission du Vieux Paris a d’ailleurs émis un avis défavorable à la démolition de l’actuel pavillon d’accueil.

Les opposants pointent aussi le coût du projet. Dans un contexte où l’État doit faire des économies, cette dépense est jugée somptuaire et incompréhensible. L’institution parlementaire doit être exemplaire et rendre des comptes aux citoyens, affirme l’association.

Défense du patrimoine : les étapes clés d’un dossier controversé

Le projet architectural est porté par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, depuis 2025. Mais l’idée d’un nouveau pavillon remonte au début des années 2000, quand les couloirs du Palais Bourbon ont été jugés trop étroits pour accueillir visiteurs et journalistes.

En juillet 2023, le collège des questeurs a lancé un concours d’architecture. Le projet de l’agence Moatti-Rivière a été retenu en 2024, puis validé à l’unanimité par le bureau de l’Assemblée nationale.

Une procédure administrative en plusieurs étapes

La suspension des travaux en février 2026 a été décidée face aux critiques. Le permis de construire déposé en juin 2025 n’était pas compatible avec le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du quartier du Palais-Bourbon.

  • Avis favorable du Conseil de Paris le 18 juillet 2025
  • Avis de l’Architecte des Bâtiments de France encore attendu
  • Consultation de la Commission locale du site patrimonial remarquable
  • Enquête publique préalable à toute reprise des travaux

Emmanuel Grégoire, chargé de l’urbanisme à la Ville de Paris, estime que les constructions s’inscrivent dans des gabarits proches des édifices existants. Les opposants dénoncent un déclassement du site patrimonial protégé.

Mobilisation citoyenne et soutiens de personnalités

La pétition en ligne rassemble plus de 113 000 signatures. De nombreux commentaires expriment une vive incompréhension face au financement du pavillon. Une signataire de Courtenay dénonce le gaspillage alors que les pompiers manquent d’équipements.

Des personnalités ont rejoint le mouvement. JoeyStarr et Ségolène Royal ont officialisé leur opposition. Rachida Dati a appelé à la mobilisation sur X pour empêcher cette destruction patrimoniale. Stéphane Bern a signé la pétition pour défendre la perspective de la place de la Concorde.

Critères du projet L’avis des défenseurs du patrimoine La réponse de l’Assemblée
Coût estimé 52,8 millions d’euros jugés excessifs Financement sur fonds propres
Intégration architecturale Verre et aluminium en rupture avec la pierre Respect des caractéristiques du site
Protection du patrimoine Atteinte au SPR et aux Rives de la Seine Modification ciblée du PSMV
Calendrier Opposition à toute démolition Travaux suspendus, reprise incertaine

La présidente de l’Assemblée nationale devra encore convaincre l’Architecte des Bâtiments de France et la Commission locale du site patrimonial remarquable. L’enquête publique s’annonce comme une étape décisive pour l’avenir de ce projet contesté.

La défense du patrimoine parisien semble avoir trouvé un écho favorable auprès de l’opinion publique. Le sort de ce pavillon d’entrée dépendra désormais des arbitrages administratifs et de la mobilisation citoyenne.

Les vraies questions, sans langue de bois

Où signer la pétition ?

Sur le site de Sites & Monuments. Elle dépasse 113 000 signatures et continue de tourner sur les réseaux sociaux.

Pourquoi ce pavillon est-il contesté ?

Parce qu'il casserait la symétrie de la colonnade et la perspective entre l'Assemblée et la Madeleine. Il empiéterait aussi sur un espace vert protégé.

Combien coûte le projet ?

52,8 millions d'euros, financés sur les fonds propres de l'Assemblée. Pour les opposants, c'est une somme indécente en période d'économies.

Que va-t-il se passer maintenant ?

L'Architecte des Bâtiments de France doit encore donner son avis. Une enquête publique est prévue avant toute reprise des travaux.

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3 commentaires

  1. Jeanne, merci pour ce regard. En archéologie, on sait que chaque couche compte ; ici on efface l’histoire.

  2. Préserver la perspective entre les colonnades, c’est aussi protéger le paysage fluvial qui fait Paris. Un projet trop minéral pour un site si délicat.

  3. Merci Jeanne pour cet article. Quel dommage qu’un tel projet altère l’harmonie du lieu et son écrin de verdure…

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